Deux façons de poser des limites

et leurs conséquences sur la relation.

Nous vivons dans un monde de règles et de conventions sociales qui nous sont transmises directement ou indirectement dès notre plus jeune âge. Ces « vérités » et normes sont perçues comme des standards absolus que tout le monde serait censé suivre pour garantir un fonctionnement harmonieux et la sérénité de la communauté.

Exemples :

* Politesse : On dit bonjour, merci…
* Codes moraux : On ne vole pas, on ne tue pas…
* Sécurité collective : On s’arrête au feu rouge…

Ces règles sont souvent inculquées sous forme d’exigences et dans un rapport de domination. On nous dit « ce qu’il faut faire », en faisant planer la menace d’une sanction si nous n’obéissons pas (blâme, jugement, amende, etc.). 

Ce rapport de force nous prive de notre capacité de choix et nous fait souvent perdre de vue l’objectif initial de ces règles : une vie collective harmonieuse et sécurisée.

Coupés de notre élan de contribution, nous agissons par peur ou par colère, oscillant entre soumission et rébellion. Quand nous obéissons, c’est à contrecœur, en freinant des quatre fers et en échafaudant notre vengeance. Quand nous nous opposons, c’est souvent par la violence ce qui impacte forcément la relation.

Mais pouvons-nous faire autrement ? Peut-on vivre sans règles et sans limites ?

La nécessité des limites

Si nous étions en communion permanente, parfaitement conscients de ce que vit chacun, nous n’aurions pas besoin de règles ou de limites, car nous percevrions à chaque instant les besoins en présence sans avoir à les verbaliser et nous pourrions nous y adapter. 

Mais en pratique, nous sommes des êtres uniques et nous ne sommes pas en lien profond en permanence. Les repères et les limites sont donc nécessaires pour coexister et éviter de se marcher sur les pieds.

Les limites peuvent être un véritable cadeau relationnel quand elles nous donnent de la clarté ce qui se passe en nous et ce qui compte pour les autres. 

Les limites permettent de réduire le risque de nous blesser mutuellement. 

« Nos limites personnelles sont la distance à laquelle je peux t’aimer et m’aimer simultanément ».

Nous pouvons donc partager nos limites, non pas comme des vérités absolues, mais comme des repères personnels et relatifs, nous permettant de co-exister avec joie et de demeurer en lien.

Et lorsqu’un humain est en lien avec un autre, son élan de contribution et de collaboration se déploie.

Cette distinction entre limites basées sur des repères extérieurs absolues et celles basées sur des repères internes relatifs, ne vise pas à exiger de moi ou des autres d’avoir toujours les moyens d’exprimer mes limites avec assertivité en mode repères personnels. Parfois, je n’en ai pas les moyens ou parfois je ne souhaite pas de dialogue ou être en relation avec l’autre et c’est ok. 

Par contre, quand il s’agit de relations précieuses, je vais privilégier quand cela m’est possible le partage de mes limites en mode repères internes car c’est une manière de prendre soin de la relation.

Partager nos limites comme des repères pour soi et pour l’autre et non comme des injonctions réduit le risque de nous blesser mutuellement et permet à notre élan naturel de contribution de se déployer.  

Et si l’autre n’accède pas à ma demande, comme il est aussi un humain avec des besoins, il est possible que ça soit parce que mon attente ne rejoint pas ses propres besoins.

A moi de vérifier si je suis disponible pour entendre aussi sa propre limite personnelle…. 

Et vous, quelle est votre vision des limites ?

Lire aussi cet article : Exprimer mes limites

Besoin Chacal Colère Conflit Consentement Culpabilité Demande Empathie Girafe Gratitude Honte Jeux Outils CNV Jugement Écoute de soi Émotion

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