Transmutation de la colère

REMETTRE L’ÉNERGIE DE LA COLÈRE AU SERVICE DE LA VIE

La colère est une manifestation instinctive pour prendre soin de moi, de mes besoins et manifester ma place dans le monde. C’est une émotion qui mobilise mon corps tout entier pour passer à l’action.  En mobilisant mon système nerveux sympathique, l’accélérateur du corps, tout mon être s’accélère (respiration rythme cardiaque, afflux sanguin vers les membre) me donnant davantage de force physique et d’énergie.

A ce moment là, mes pensées s’accélèrent aussi et si je n’ai pas conscience de l’origine de mes sentiments, voici ce qu’il se passe en moi. 

1 – Je vis un stimulus externe : l’autre est le problème

Quelqu’un dit ou fait quelque chose —> je le juge ( insolent, irresponsable,  agressif… ) —> je vis de la colère contre lui d’être comme cela et en même temps de l’impuissance à changer cette « réalité ».

Je vais donc, à la vitesse de l’éclair,  chercher à retrouver du pouvoir en supprimant le stimulus afin ne plus vivre cette impuissance.  C’est parce je considère l’autre comme la cause de ma colère, que je vais justifier mon recours à la violence verbale ou physique contre lui « après tout c’est sa faute, il n’avait qu’à pas faire ce qu’il a fait, il le mérite car il est ceci, il n’avait qu’à pas m’énerver »…

En faisant cela, je mets toute l’énergie de ma colère, à un endroit de faible pouvoir d’embellissement de ma vie :  forcer un changement chez quelqu’un qui va résister avec force à ce changement. Pour arriver à mes fins, le rapport de force devient inévitable et l’escalade de la violence le chemin le plus probable.

2 – Je vis un stimulus interne : je suis le problème

Parfois, quand je ressens de la colère, je vais croire qu’une partie de moi est le problème, et cause ma colère. 
Je dis ou fait quelque chose —> je me juge pour cela —> je vis de la colère contre moi
et de l’impuissance à changer cette « réalité ».

A nouveau, mon premier réflexe va être de chercher à retrouver du pouvoir d’action en réprimant cette partie de moi et ne plus vivre cette impuissance (anesthésie par des activités, des comportement, des substances… , auto-punition, dénigrement de moi…).

Je mets à nouveau toute l’énergie de ma colère, à un endroit de faible pouvoir. Car en usant de la force pour faire taire cette part de moi, cette part va sans doute utiliser d’autre moyens, plus intense, plus fort pour que j’entende son message.

mes émotions proviennent de mes besoins

Lorsque j’ai conscience que mes émotions proviennent de mes besoins, je vois la situation différemment.

Je vis un stimulus : quelqu’un dit ou fait quelque chose —> un de mes besoins n’est pas rejoint —> j’ai des jugements, je vis de la colère.

Mes jugements parlent de mes besoins, pas de l’autre !

Ma colère et mes jugements me signalent que mes besoins réclament mon attention—> je vais m’écouter et poser des actions pour prendre soin de mes besoins (poser mes limites, prendre ma place, agir pour mon bien-être) sans blâmer l’autre (car mes jugements parlent de mes besoins et ne me parlent pas de l’autre).

Je mets ainsi l’énergie de ma colère au service de l’embellissement de ma vie. Je vis de la puissance car j’agis dans ma zone d’influence : créer mon bien-être.

Lorsque je vois la colère comme un signal m’invitant en prendre soin de mes besoins, je peux concevoir que l’autre a aussi des besoins non rejoints lorsqu’il est en colère.

Notre colère est donc une OPPORTUNITÉ de mettre à jour ce qui ne fonctionne pas relationnellement pour chacun et entre nous. Nous pouvons alors utiliser l’énergie de notre colère, de notre indignation pour créer quelque chose de nouveau qui prenne davantage soin du nous.

En cette période électorale, où je lis beaucoup de témoignage de colère contre d’autres êtres (ceux qui ne votent pas comme moi, ceux qui auraient du faire le même choix que moi, ceux qui auraient du se rendre compte, ceux qui devraient comprendre …), je nous invite à mettre notre énergie pour aller explorer la cause profonde de notre colère : nos besoins !

Et à partir de cette force de vie créatrice que nous avons tous, comment pouvons nous l’utiliser pour transformer, construire, co-créer ?

Pour illustrer cette intention, je vous partage une revisite illustrée de la « Spirale de la transformation de la colère » de  K.Kristensen pour nous rappeler que notre colère est une énergie, que l’on peut utiliser au service de la vie si on le choisit !

Spirale de la transformation de la colère

2021 Appréciation Auto Empathie Beauté Besoin Cartes Chacal Choix Citation CNV Colère Compliment Conflit Connexion Célébration Demande Deuil Différenciation Dire NON Empathie Entendre un NON Girafe Gratitude Inspiration Jeux Jugement Merci Nonviolence Obligation OSBD Pardon Pratique Reproches Respiration S'Aimer Sensations Sentiment Se Relier Solution Stratégie Vidéo Violence YouTube Écoute Émotion

5 3 votes
Évaluation de l'article
4 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Zapo75

Il est effectivement temps de réhabiliter la colère ! En cherchant à tous prix à évacuer la colère de notre société, nous ne faisons que nourrir les raisons de cette même colère et en favoriser l’expression destructrice.
Accueillons la colère, étudions-en les raisons et les mécanismes, et nous pourrons alors transformer cette énergie en quelque chose de constructif.